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UrShulgi

Mecamorphosis : mais qui est donc quoi que qui comment

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Catherine Maillet. Correspondance.

23 avril 2017 

 

Mon cher Patrick. C’est un bien étrange courrier que je m’apprête à vous écrire. Probablement, à sa lecture, conclurez-vous que mon esprit, par le passé malade, a fait une bien vilaine rechute. À dire vrai, chaque jour qui passe voit croître en moi son lot de doutes quant à la véracité des évènements que je m’apprête à vous relater. 
 

Comme je vous l’écrivais dans ma précédente missive, je passe actuellement quelques semaines à la campagne, loin de l’activité incessante de la capitale. J’occupe cette période de retraite à de longues marches matinales ainsi qu'à la rédaction de mon prochain ouvrage l’après-midi. Hier matin donc, comme à mon habitude, je m’équipais de mon bâton et m’en allais emprunter les chemins forestiers qui longent le lac de Beaumont en direction de Bourganeuf. Je marchais ainsi depuis bientôt une heure lorsque l’envie me prit d’obliquer vers le nord afin de m’enfoncer davantage dans la vaste forêt domaniale. Appelez ça « l’appel de la nature », si cher à notre ami commun, ou plus simplement l’expression d’un certain esprit aventureux, mais j’obéi à cette impulsion téméraire avec d’autant plus d’entrain que je me sentais ce jour-là dans une forme olympique. Grand mal m’en pris, car il s’avéra qu’après une autre heure à circuler parmi des chemins au tracé de plus en plus minimaliste, je me trouvais totalement perdue. Pire, ici la canopée était si dense que c’était à peine si je pouvais distinguer le soleil. Ce qui, évidemment, m’interdisait de m’appuyer sur sa course pour m’orienter dans ce dédale végétal. Ma situation se dégrada encore lorsque je constatai l’absence de réseau téléphonique. J’étais là, désorientée, à me lamenter sur mon inconséquence, lorsqu’un déchirant crissement métallique me tira de mes atermoiements. 
 

Le son, puissant et strident, m’évoqua le frottement de larges pièces de tôle. L’intensité avec laquelle il m’était parvenu témoignait de la proximité de sa source. De bruyants grincements vinrent immédiatement m’en préciser l’origine : ils émanaient de l’autre côté de la grande butte qui s’élevait à ma gauche. Encore une fois, je laissais la curiosité l’emporter sur la prudence et me mis à gravir le contrefort qui me séparait du tintamarre. Parvenue au sommet du monticule, je laissais mon regard plonger de l’autre côté. Si vous saviez Patrick, à quel point aujourd’hui je regrette ma témérité. À quel point je regrette de ne pas simplement m’être contentée de poursuivre mon chemin. Car ce que je vis alors, à une trentaine de mètres en contrebas, me fit littéralement tourner les sangs. Au milieu d’une petite clairière, baignée par le soleil, une monstruosité cyclopéenne sortait visiblement de sa torpeur. La « chose », puisque c’est bien ce dont il s’agissait ici, semblait remettre en branle ses terribles membres après une période d’inactivité que ne saurais estimer. D’ici, elle ressemblait à une colossale caricature d’arachide. Mais Patrick, croyez-moi lorsque je vous écris cela, davantage que sa taille gigantesque, qui par endroit pouvait dépasser la canopée environnante, c’était l’amalgame contre-nature d’éléments organiques et de métal oxydé qui me glaça le plus. En guise de pattes, l’ignominie arborait ce qui avait dut être les bras articulés de divers engins de chantier.

Un vieux logo « CATERPILLAR » était même encore partiellement visible sur l’un d’eux. Le seul de ses huit membres qui était privé d’armature, pendait mollement, à la façon d'un tentacule amorphe. Tous se rejoignaient sous l’espèce de châssis qui devait lui tenir lieu de thorax. Derrière, en guise d’abdomen, pendait un énorme réservoir sphérique, si rouillé par endroits qu’on apercevait à l’intérieur les viscères poisseuses de la créature. La tête, enfin, était formée d’un globe nettement plus petit, qui comme le reste était percé de toutes parts par la corrosion. On y distinguait huit yeux globuleux qui trônaient au-dessus d’une paire de mandibules d’acier. Du tout, s’écoulait par endroit une dégoutante humeur visqueuse et noirâtre. L’immense octopode s’était redressé et commença à se mouvoir, provoquant une nouvelle série de crissements assourdissants. Son gros abdomen traînait sur le sol, et pareilles à des socs, les mâchoires de ses filières laissaient de profonds sillons à sa suite. Instinctivement, je me couchai dans l’humus, priant pour que la chose ne m’ait pas vue. J’étais incapable du moindre mouvement. Je ne pouvais pas non plus la quitter du regard. Cette anomalie mi-organique, mi-métallique, avait quelque chose d’hypnotisant.

Elle avança à un rythme régulier vers l’orée du bois et s’y enfonça comme si la végétation ne lui opposait aucune résistance. Les arbres vacillaient devant elle, avant de s’effondrer dans de grands craquements, la ralentissant à peine. Je l’observais ainsi, creuser une véritable piste dans la densité boisée et bientôt s’enfoncer trop loin pour que le la vis encore. Lorsqu’elle fut si éloignée que je ne pouvais plus l’entendre, je m’autorisai enfin à m’effondrer en sanglots. J’attendais là encore au minimum trois heures, prostrée, n’o ant faire le moindre bruit. Après quoi, je finis par échapper à ma torpeur et parvins à me redresser. Encore tremblante, je ramassai mon bâton et me remis en marche en remontant le chemin qui avait conduit la créature jusqu’à la clairière. Je vous assure Patrick, que je n’ai pas la moindre idée du temps qu’il me fallut pour regagner la civilisation. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il faisait une nuit d’encre lorsque la voie me mena jusqu’à une ferme éclairée. Je frappai encore et encore à la porte du bâtiment, jusqu’à ce que l’on m’ouvre enfin. C’est un homme hirsute et puant l’alcool qui m’apparut par l’embrasure. Il tenait dans ses mains tremblantes un vieux fusil. Nous n’échangeâmes pas le moindre mot. C’était inutile. Dès lors que nos regards se furent croisés, nous sûmes tous deux que le monde tel que nous l’avions connu s’en était allé.

 

FB_IMG_1545663275077.jpg

Edited by UrShulgi
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Ah....

Ces machins peuvent donc se générer des yeux au besoin... Je le note...

...Bien...

...Parfait...

Quelqu'un a du DDT sous le coude ? Genre 5 ou 6 bidons de 100 litres?...

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Pourquoi tant de ‘n’ ?

 

(non parce que l’arachide, ça casse l’ambiance)

 

(oui bon c’est juste une faute de frippe...)

 

(n’empêche, très bon, comme les précédents épisodes...)

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il y a 15 minutes, c@ssidy a dit :

C'est clair que Clarenko dessine super mal les cacahuètes...

 

... Ou alors ça doit être super chelou les apéro chez lui ^_^

Il en avait marre de louper la bouche quand il les balançait. Du coup maintenant, il les rate plus... elles lui sautent à la gueule!

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J'vais être honnête, tout ça est diablement cool.
Mais ce qui m'intéresse le plus perso c'est le JDR ! Les figurines c'est grave cool et tout mais bon JDR > all.

Après j'veux bien voir le JDS aussi ! Je ne boude pas mon plaisir.

 

Ah et puis, bon si ça se passe en creuse hein... C'est cool de parler des départements oubliés.

D'ailleurs, pareil, moi je suis originaire de la Lorraine et j'ai habité pendant longtemps en Meuse qui est aussi un département toujours oublié !
Faut en faire un département d'exception, surtout qu'il y avait une usine Case Poclain/Mc Cormick (St Dizier mais attention c'est pas tout à fait en Meuse) pas loin et Kassbohrer/Evo Bus (Ligny en barrois qui est en meuse) !
Y a bien moyen de se faire un bidule à 6 ou 12 pattes avec ça? Une menthe religieuse tractopelle ou un diplodobus (c'est un diplodocus fait à partir d'un bus):p.

Edited by Azael
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Il y a 8 heures, Fred Henry a dit :

Ben non. Il s agit bien d une cacahuète géante.

Cela me rappelle une blague qui m'a fait rire des jours durant.... 

Qui est la femme avec une cacahouète dans le cul ? 

Ben. C'est la femme à Rachid ! 

 

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Hormis le fait d'être présentement réveillé à mon horaire de taff... je trouve tout ça hyper cool. Et comme @Azael, c'est le côté jdr qui m'intéresse le plus, pour le coup. Mais on a fait que soulever le voile...

 

Ça me fait d'ailleurs gravement penser à ce qu'on écrivait en terme d'introductions ou de comptes rendus de parties quand on avait le temps sur notre mailing list. 50% des parties se passaient ainsi, de façon épistolaire. Et une question me vient tout de suite à l'esprit, mais sans dénigrement. C'est écrit à combien de mains ? Tout simplement car ma femme m'avait fait la remarque que mes personnages féminins ne s'exprimaient pas vraiment comme tels. Du coup, avoir plusieurs personnes qui passent sur le texte permet de mixer les styles et donner plus de diversité. Comme en partie, en fait.

 

Sinon, j'ai trouvé une ou deux autres "cacahuètes",  dans le texte, mais moins que dans les miens. ^_^

 

(la plaie... le fiston a tenu à installer son nouveau clavier "gamer" sur le pc, pour voir. du coup, il y a des touches en plus qui m'empêchent d'écrire instinctivement... mais il glow in the dark, ça c'est cool. ^^)

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Ah les claviers gamers qui glowent... Déjà deux à la maison et mon 2e s’en fait offrir un nouveau à ce Noël... (parce que les autres ce sont ceux de son frère...)

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C'est surtout les touches de raccourci en plus qui me gênent... enfin, on se fait à tout.

Et j'ai réussi à lui faire prendre du logitech plutôt qu'une obscure sous-marque. y'a moins d'options de couleurs, mais les touches devraient tenir plus longtemps.

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Hello.

Pour les différents styles c est effectivement un probleme pour le moment . J ai beau essayer de "personnaliser" l écriture de chaque personnage, il est évident que derriere continue de se voir ma façon d ecrire. Mais pour ces textes il ne s agit que du prélude qui relate les dernieres années de "l'Avant". Ensuite la narration epistolaire prend fin.

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Se "forcer" à écrire différemment est vraiment quelque chose de difficile car il faut aller contre ses habitudes.
Le mieux dans ce cas là est de s'inspirer du style de ce qui a déjà été écrit. Des auteurs qui ont l'habitude d'écrire par lettre comme Stoker ou Albert Camus ou même Poe aussi, peuvent être des sources d'inspiration (mais j'imagine bien que tu le fais déjà).

Edited by Azael
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Salut,

Je ne pourrais clairement pas te donner de conseils à ce sujet. Si ce n'est qu'on avait contourné le problème en étant plusieurs rédacteurs. Mais l'exercice n'était pas le même, et on avait un ton plus léger, burlesque ou de théâtre de boulevard. J'ai un pote qui est carrément bon à ça d'ailleurs.

Ce n'est pas évident d'endosser d'autres personnalités, on transparait toujours un peu, beaucoup, à travers les masques. Ça fait partie du métier, j'imagine, et apporte au fait que l'on préfère tel ou tel auteur/traducteur.

Ceci dit, tu utilises beaucoup de vocabulaire, et élaboré, dans tes descriptions. Ce n'est pas gênant vu les personnalités suggérées : scientifique et dame +/- âgée (je crois). En réduisant le champ lexical, tu aura déjà une bonne partie du taff de faite pour des personnages moins instruits. De base scientifique, on n'avait pas vraiment besoin d'en arriver là. ^^

 

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C'est marrant mais ces récits de témoignages me font penser à la guerre des mondes.

Il faut que j'aille regarder dans le bouquin pour voir si le style est semblable.

 

EDIT : ah non, ce n'est pas la Guerre des Mondes.

Ce style de narration m'évoque néanmoins de la SF bien vintage...

Edited by Telgar
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Moi ça me fait un peu penser à World War Z, ce qui est un compliment car j'aime beaucoup ce bouquin...

Le côté témoignages et différents point de vue et vécus d'une situation ou d'un phénomène commun.

 

 

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L'univers me bottait (post-apo, c'est mignon), les illus m'ont émerveillés (parce que c'était singulier ces sortes de benard-l'hermites FROM OUTER SPACE !!!), les extraits de texte m'ont scotchés (parce que j'aime le multi point de vue dans la narration - même si ça n'est que pour l'introduction).

 

Quelque soient les produits Mecamorphosis, j'en serai. TOUS ! ;)

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C est exactement ça : des Bernard Lhermites.

Au debut la nouvelle s appelait même "le syndrome du Bernard-l hermite" mais ce titre improbable avait déjà été déposé par une asso de voile ou un truc comme ça.

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J'ai enfin pu lire le post entier, que du bon j'ai hâte pour la suite. Mais en temps que petit photographe amateur, je n'ai pas pu m'empêcher de relever le petit anachronisme sur le Nikon Z7 🙄 non?

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Il y a 3 heures, jerome57 a dit :

J'ai enfin pu lire le post entier, que du bon j'ai hâte pour la suite. 

Aussi, et j'avoue que j'aime aussi beaucoup ce genre de contenu présenté par "épisode", même si ce n'est pas nécessairement ce qui adviendra à terme, et qu'il s'agit ici de teasing, c'est quand même bien cool de rester sur l'attente d'une prochaine publication. 

 

Je crois beaucoup à ce format. Cf mes réponses sur le post de Mashup. 

 

Mais un enchainement genre une nouvelle qui nous ferait arriver sur une intrigue jouable en JDR par exemple, et qui s'enchainerait sur un court en vidéo (indice du puzzle), qui lui même nous transporterait vers une autre nouvelle, qui pourrait nous proposer à son tour une nouvelle expérience sous forme de jds ou je ne sais quoi... un vrai mix contenu / contenant.. pour pouvoir goûter à tous les plats...

 

 

désolé j'me laisse emporter... 

 

Edited by Renand
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